Pression des pneus : les bons réglages et la fréquence de contrôle

Pression des pneus : les bons réglages et la fréquence de contrôle
Un homme contrôlant la pression d'un pneu

La pression des pneus est le réglage le plus simple à corriger et le plus souvent négligé. Un pneu sous-gonflé de 0,5 bar consomme plus, s’use plus vite et allonge la distance de freinage. Voici où trouver la bonne pression des pneus de votre voiture, comment la vérifier et à quelle fréquence.

Où trouver la pression recommandée

Trois emplacements donnent la pression des pneus, par ordre de fiabilité.

L’étiquette collée sur le montant de la portière conducteur, visible portière ouverte. C’est la référence du constructeur pour votre véhicule.

La trappe à carburant, sur certains modèles.

Le manuel d’utilisation.

Ce qui ne constitue pas une référence de pression : la valeur inscrite sur le flanc du pneu. Celle-ci indique la pression maximale admissible par le pneumatique, pas la pression recommandée pour votre voiture.

Les valeurs courantes

Sur une citadine, la pression des pneus tourne autour de 2,0 à 2,3 bar à l’avant et de 1,9 à 2,2 bar à l’arrière. Sur une berline ou un SUV, comptez 2,3 à 2,6 bar sur les quatre pneus.

L’avant porte le moteur et supporte la direction, d’où une pression des pneus généralement plus élevée qu’à l’arrière.

Le constructeur distingue charge normale et charge maximale. En vacances, voiture pleine et coffre chargé, ajoutez 0,2 à 0,4 bar selon les recommandations.

Vérifier à froid, la règle absolue

La pression des pneus se contrôle à froid, c’est-à-dire après moins de deux kilomètres de route ou après deux heures d’arrêt.

En roulant, l’air chauffe et la pression des pneus monte de 0,3 bar environ. Si vous êtes obligé de mesurer à chaud, ne dégonflez jamais pour revenir à la valeur du constructeur : vous vous retrouverez sous-gonflé une fois les pneus refroidis. Ajoutez simplement 0,3 bar à la valeur cible.

À quelle fréquence vérifier

Contrôlez la pression des pneus une fois par mois, et systématiquement avant un long trajet. C’est la recommandation de tous les manufacturiers.

Un pneu perd naturellement 0,1 bar par mois par simple perméabilité de la gomme, et le véhicule roule alors sous la pression prévue. Sur six mois sans contrôle, l’écart de pression devient significatif.

Vérifiez aussi la pression du pneu de secours, souvent oubliée jusqu’au jour où elle sert.

Ce que coûte un sous-gonflage

Les conséquences sont mesurables.

La consommation de carburant augmente d’environ 1 % pour 0,3 bar manquant sur les pneus, davantage sur autoroute.

L’usure des pneus s’accélère sur les épaules, avec une durée de vie réduite jusqu’à 20 %. Des pneus sous-gonflés en permanence peuvent perdre plusieurs milliers de kilomètres.

La distance de freinage s’allonge sur sol mouillé, au détriment de la sécurité, et le risque d’aquaplanage augmente.

L’échauffement excessif fragilise la structure. La plupart des éclatements sur autoroute trouvent leur origine dans un sous-gonflage chronique.

Et le surgonflage

Rouler avec des pneus trop gonflés n’est pas plus malin pour la sécurité. La surface de contact du pneu se réduit, l’adhérence diminue et l’usure se concentre au centre de la bande de roulement.

Un écart de 0,2 bar au-dessus de la valeur constructeur reste sans conséquence. Au-delà de 0,5 bar, les performances du véhicule se dégradent nettement.

Comment faire le contrôle

Munissez-vous d’un manomètre, ou utilisez la station de gonflage d’un centre auto. Le gonflage se fait pneu par pneu.

Appliquez fermement l’embout sur la valve, lisez, ajustez, revissez le bouchon. L’opération prend cinq minutes pour les quatre pneus du véhicule.

Les capteurs de pression des pneus embarqués, obligatoires sur les véhicules neufs depuis 2014, alertent en cas de perte importante. Ils ne dispensent pas du contrôle manuel : beaucoup se contentent de comparer les roues entre elles et ne détectent pas une baisse uniforme.

Pression des pneus été et hiver

La pression des pneus varie avec la température ambiante, d’environ 0,1 bar pour 10 degrés. Un véhicule gonflé correctement en septembre se retrouve sous-gonflé en janvier, sans la moindre fuite.

Contrôlez donc la pression des pneus à chaque changement de saison, et pas seulement au montage des pneus hiver. Sur ces derniers, certains constructeurs recommandent 0,2 bar de plus que sur les pneus été, pour compenser la souplesse de la gomme et préserver les performances de freinage.

Profitez-en pour contrôler l’usure : la profondeur des rainures doit rester supérieure à 1,6 mm, seuil légal, et il est prudent de changer les pneus dès 3 mm en hiver. Un témoin d’usure moulé dans la sculpture donne le repère sans outil, et la sécurité du véhicule dépend directement de cette hauteur de gomme.

Le cas de l’azote

Le gonflage à l’azote est proposé par certains centres. L’azote migre un peu moins vite à travers la gomme. Le gain reste marginal, et l’air ambiant en contient déjà 78 %. Payant, ce service se justifie difficilement pour une voiture de tous les jours, et l’air comprimé fait très bien l’affaire.

Une vérification mensuelle de la pression des pneus de votre véhicule reste, avec le niveau d’huile, le geste d’entretien qui offre le meilleur rapport entre le temps passé et le bénéfice obtenu, en sécurité comme en budget.

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